Du 16 au 18 octobre 2026, l’Université Harvard a accueilli une nouvelle édition de HackHarvard. Parmi les quelque 500 participants, un seul venait du continent africain. Il s’appelle Andotiana Kanto Fitiavana Rahandrisoa. Il a 19 ans et étudie à l’École nationale d’informatique (ENI) de l’Université de Fianarantsoa. Il repart de Cambridge avec une distinction officielle pour un projet d’intelligence artificielle.
HackHarvard, un marathon de code au cœur du Massachusetts
HackHarvard est un hackathon géré par des étudiants de Harvard. Le principe tient en une phrase « bâtir une solution concrète en un temps très court ». La toute première édition avait rassemblé près de 500 étudiants venus du monde entier. Ils disposaient de 36 heures pour répondre à des problèmes réels.
L’événement a rapidement pris une dimension internationale. En 2019, la cinquième édition réunissait déjà des étudiants issus de cinq continents. En 2023, la huitième édition dépassait les 600 participants. Les équipes choisissaient alors entre quatre thématiques, dont la santé et l’espace.
L’édition 2026 s’est déroulée sur trois jours à Cambridge. Les récompenses y sont réparties en trois niveaux. Les « Track Winners » désignent les projets gagnants. Les « Honorable Mentions » saluent les projets remarqués. Les « Track Commendations » mettent officiellement en lumière d’autres réalisations.
Une IA qui décroche le téléphone pour les centres de santé
Kanto Rahandrisoa a reçu une « Track Commendation », soit la distinction de troisième niveau. Son projet repose sur une intelligence artificielle capable de répondre aux appels téléphoniques. L’outil est pensé pour un centre de santé. Il prend la forme d’un prototype de robot.
L’usage pratique parle de lui-même. D’après les informations, ce système pourrait améliorer la gestion des appels là où le personnel manque. Il faciliterait aussi l’accès des patients aux soins. Pour un pays où les structures sanitaires rurales restent sous-dotées, l’idée mérite d’être suivie.
Ce choix de projet cache aussi une contrainte budgétaire. L’étudiant avait d’abord conçu un robot destiné à répondre à des besoins sociaux. Il y a renoncé en apprenant que chaque participant devait financer son propre matériel. Le logiciel a donc pris le pas sur le matériel. Ce détail illustre un frein bien réel pour les jeunes talents malgaches : le coût de l’équipement.
Le plus jeune et le seul Africain de la compétition
Sur sa page Facebook, l’étudiant a exprimé sa fierté d’avoir représenté Madagascar. Il était le plus jeune concurrent de l’édition. Il était aussi le seul Africain parmi environ 500 participants.
Kanto Rahandrisoa est en deuxième année à l’ENI de Fianarantsoa. Son école se situe à environ 400 km au sud d’Antananarivo. Sa réussite rappelle que les talents numériques ne se concentrent pas uniquement dans la capitale.
Une année 2026 déjà chargée
HackHarvard n’est pas un coup d’essai pour ce jeune développeur. Les sélections internationales se succèdent depuis le début de l’année.
En avril 2026, il a décroché la 3e place à l’African Olympiad in Artificial Intelligence (AOAI) en Tunisie. En août, il a représenté Madagascar à l’Olympiade internationale d’intelligence artificielle (IOAI) au Kazakhstan.
Il fait aussi partie des 20 participants retenus pour le MLESM Hackathon 2026. Ce programme international vise pourtant les doctorants et les jeunes chercheurs. Un étudiant de deuxième année y côtoiera donc des profils bien plus avancés.
Prochaine étape : Robotex International en Corée du Sud
En novembre 2026, Kanto Rahandrisoa participera au Robotex International en Corée du Sud. Cette compétition de robotique change de cadre cette année. Après 25 années consécutives en Estonie, elle quitte Tallinn pour la première fois.
Le championnat se tiendra à Songdo Convensia, à Incheon. Les organisateurs attendent environ 3 000 jeunes, coachs et officiels venus de 30 pays. Ce rendez-vous pourrait offrir à l’étudiant l’occasion de revenir à la robotique, son idée de départ.
Ce que cette distinction dit du numérique malgache
Cette performance intervient dans un contexte national difficile. En avril 2026, Madagascar a déclaré l’état d’urgence sur sa situation énergétique. Ce 26 octobre encore, la presse locale évoque les pannes à répétition du réseau de la Jirama. Coder, s’entraîner et préparer une compétition internationale dans ces conditions demande une vraie ténacité.
Le parcours de Kanto Rahandrisoa soulève aussi des questions concrètes. Combien de jeunes renoncent faute de moyens pour payer un billet ou du matériel ? Quels dispositifs de bourses existent pour les étudiants des régions ? Les universités, les opérateurs télécoms et les partenaires techniques ont ici un rôle à jouer.
Une distinction à Harvard ne transforme pas un écosystème à elle seule. Elle donne en revanche un repère aux étudiants de Fianarantsoa, de Toamasina ou de Mahajanga. Le prochain test aura lieu en Corée du Sud dans quelques semaines.
Sources :
- https://www.lexpress.mg/2026/10/technologie-kanto-rahandrisoa-prime-au.html
- https://newsmada.com/2026/10/21/hackharvard-2026-un-etudiant-malgache-recompense/
- https://mbiz.heraldcorp.com/article/10818749
- https://cyprus-mail.com/2025/12/15/cypriot-teams-deliver-impressive-show-at-robotex-international
- https://thecrimson.com/article/2023/10/25/eighth-harvard-hackathon
- https://thecrimson.com/article/2019/10/21/2019-hackharvard
- https://news.harvard.edu/gazette/tag/major-league-hacking/
- https://en.wikipedia.org/wiki/2026_in_Madagascar
Mots-clés : HackHarvard 2026, Madagascar HackHarvard, Kanto Rahandrisoa, ENI Fianarantsoa, étudiant malgache Harvard, intelligence artificielle Madagascar, IA santé Madagascar, hackathon Harvard 2026, Robotex International 2026, AOAI 2026, IOAI 2026, talents numériques Madagascar, innovation technologique Madagascar
Écrit par Ravaka Elina
